Au bord de l’effacement – Sur les pas d’exilés arméniens dans l’entre-deux-guerres

Nom, prénom, date et lieu de naissance : trop peu de mots, sur ces certificats administratifs, pour écrire l’histoire de chaque personne épinglée à son état civil, enfoncée dans le sillon de ses empreintes digitales. À mieux les regarder cependant, ces documents d’identité portent les marques de bifurcations multiples, de ruptures radicales survenues dans les trajectoires d’Arméniens originaires de l’Empire ottoman et réfugiés en France au lendemain de la Première Guerre mondiale. La paix, en effet, n’a pas permis aux survivants du génocide (1915-1916) de retourner vivre en Turquie, à la suite des politiques d’exclusion mises en œuvre par le régime kémaliste.
L’étonnant, ici, n’est pas que l’exil soit affaire de routes, de maisons détruites ou spoliées, de naissances en chemin, de contrats de travail signés à distance, de débarquements à Marseille, de morts précoces et de nouveaux départs vers les Amériques. Mais que d’infimes traces de ces vies déplacées se soient déposées au détour de formalités ordinaires. Par petites touches, le passé étend ses ombres à travers les liasses.
Le travail d’Anouche Kunth, d’une rare délicatesse, conjure la violence de l’effacement.

Prix Augustin-Thierry 2023 des Rendez-vous de l’Histoire de Blois

Anouche Kunth est historienne, chargée de recherche au CNRS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux, EHESS). Elle codirige la revue Sensibilités. Histoire, critique et sciences sociales et a publié Exils arméniens. Du Caucase à Paris (1920-1945), (Belin, 2016).

 

  • Auteur : Anouch Kunth
  • Editeur : Editions La Découverte
  • Date de parution : 31 août 2023
  • Format : 14 x 20,5 cm
  • Nombre de pages : 288

20,00 

Nom, prénom, date et lieu de naissance : trop peu de mots, sur ces certificats administratifs, pour écrire l’histoire de chaque personne épinglée à son état civil, enfoncée dans le sillon de ses empreintes digitales. À mieux les regarder cependant, ces documents d’identité portent les marques de bifurcations multiples, de ruptures radicales survenues dans les trajectoires d’Arméniens originaires de l’Empire ottoman et réfugiés en France au lendemain de la Première Guerre mondiale. La paix, en effet, n’a pas permis aux survivants du génocide (1915-1916) de retourner vivre en Turquie, à la suite des politiques d’exclusion mises en œuvre par le régime kémaliste.
L’étonnant, ici, n’est pas que l’exil soit affaire de routes, de maisons détruites ou spoliées, de naissances en chemin, de contrats de travail signés à distance, de débarquements à Marseille, de morts précoces et de nouveaux départs vers les Amériques. Mais que d’infimes traces de ces vies déplacées se soient déposées au détour de formalités ordinaires. Par petites touches, le passé étend ses ombres à travers les liasses.
Le travail d’Anouche Kunth, d’une rare délicatesse, conjure la violence de l’effacement.

Prix Augustin-Thierry 2023 des Rendez-vous de l’Histoire de Blois

Anouche Kunth est historienne, chargée de recherche au CNRS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux, EHESS). Elle codirige la revue Sensibilités. Histoire, critique et sciences sociales et a publié Exils arméniens. Du Caucase à Paris (1920-1945), (Belin, 2016).

 

  • Auteur : Anouch Kunth
  • Editeur : Editions La Découverte
  • Date de parution : 31 août 2023
  • Format : 14 x 20,5 cm
  • Nombre de pages : 288