L’Arménie mémoire de la Bible – Le Monde de la Bible, juillet-août 2001

La Bible est liée de manière intime à l’histoire de l’Arménie. La traduction simultanée, en arménien, du texte biblique et de ses exégèses a permis la conservation, dans cette langue, de textes rares du judaïsme hellénistique et du christianisme primitif. Le particularisme religieux armé- nien a aussi été la source de commentaires originaux. L’Arménie est devenue un conservatoire de la Bible, tandis que les Arméniens, témoins d’une histoire sainte, intégraient les Écritures à leur histoire nationale.

La Bible est le monde de l’Arménie… L’assertion n’est pas gratuite, même si elle peut être nuancée selon les époques. En l’an 301, la conversion du roi Terdat III a fait de l’Arménie le premier État chrétien, près d’un siècle avant l’Empire romain. Ensuite, en dépit des vicissitudes d’une histoire tourmentée, dont les drames du XXe siècle ont été le point culminant, la fidélité de l’Arménie au christianisme ne s’est jamais démentie. Le Monde de la Bible se devait de rappeler le 1700eanniversaire de cette conversion, fêté par toutes les communautés arméniennes. Après son voyage sur les pas de saint Paul, en Grèce, en Syrie et à Malte, le pape Jean-Paul II devrait d’ailleurs se rendre en Arménie à l’automne.
La Bible est au centre de la tradition qui a permis à l’Arménie, à son peuple, à sa culture et à son État, de surmonter tourments et persécutions pour maintenir, au fil des âges, une extraordinaire pérennité. “Lorsque je prends en considération le rôle de la Bible dans l’Église arménienne et dans la vie du peuple arménien, a écrit le catholicos Karékine Ier, je pense au rôle joué par le sang lorsqu’il circule dans le corps humain.”*
Cela commence au Ve siècle, avec la création d’un alphabet précisément destiné à permettre une traduction écrite de la Bible, afin que les croyants arméniens puissent mieux prier dans leur propre langue. Bientôt, clercs et théologiens veulent aussi disposer des commentaires des Écritures, ceux des pères de l’Église en particulier. Certains de ces textes ne nous sont parvenus que dans leur version arménienne, transmise de génération en génération. Très tôt, l’Arménie est ainsi devenue une sorte de conservatoire de la Bible. Ensuite, sa spécificité s’est manifestée par le développement d’une Église apostolique autonome, distincte de Byzance et de Rome, et dotée d’une christologie originale. L’Église arménienne possède sa propre liturgie, très riche, dont le déroulement est un rappel permanent du patrimoine chrétien de la Terre sainte. D’ailleurs, dans la vieille ville de Jérusalem, un quartier arménien assure depuis quinze siècles une présence qui constitue un étonnant témoignage de stabilité et de tolérance parmi les turbulences de la région.
La permanence de la tradition biblique dans la foi et la culture arméniennes, dont attestent aussi les magnifiques manuscrits a fait que les Arméniens se sont peu à peu considérés comme un peuple de la Bible. Nous vous invitons à découvrir cette histoire.La Bible est bien le monde de l’Arménie. * Karékine Ier, À la recherche de la spiritualité. Le défi du renouveau, Paris, 1997.

PRESENTATION

  • Pâques dans le plus vieil État chrétien
    par Nicole Jeanson
  • Survol de l’histoire de l’Arménie
    par Gérard Dédéyan

LECTURE ARMENIENNE DE LA BIBLE

  • La traduction arménienne de la Bible
    par Jean-Pierre Mahé
  • Un conservatoire de l’exégèse ancienne
    par Folker Siegert
  • Les Arméniens et la liturgie de Jérusalem
    par Charles Renoux
  • Christologie de l’Église d’Arménie
    par Igor Dorfmann-Lazarev
  • Les Églises arméniennes

LES MANUSCRITS ARMENIENS

  • Manuscrits bibliques
    par Ioanna Rapti
  • Colophons arméniens: un dialogue entre les siècles
    par Jean-Pierre Mahé

UNE GEOGRAPHIE DE LA BIBLE

  • Présence arménienne en Terre sainte
    par Igor Dorfmann-Lazarev
  • Aux sources d’une histoire nationale
    par Jean-Pierre Mahé

5,00 

La Bible est liée de manière intime à l’histoire de l’Arménie. La traduction simultanée, en arménien, du texte biblique et de ses exégèses a permis la conservation, dans cette langue, de textes rares du judaïsme hellénistique et du christianisme primitif. Le particularisme religieux armé- nien a aussi été la source de commentaires originaux. L’Arménie est devenue un conservatoire de la Bible, tandis que les Arméniens, témoins d’une histoire sainte, intégraient les Écritures à leur histoire nationale.

La Bible est le monde de l’Arménie… L’assertion n’est pas gratuite, même si elle peut être nuancée selon les époques. En l’an 301, la conversion du roi Terdat III a fait de l’Arménie le premier État chrétien, près d’un siècle avant l’Empire romain. Ensuite, en dépit des vicissitudes d’une histoire tourmentée, dont les drames du XXe siècle ont été le point culminant, la fidélité de l’Arménie au christianisme ne s’est jamais démentie. Le Monde de la Bible se devait de rappeler le 1700eanniversaire de cette conversion, fêté par toutes les communautés arméniennes. Après son voyage sur les pas de saint Paul, en Grèce, en Syrie et à Malte, le pape Jean-Paul II devrait d’ailleurs se rendre en Arménie à l’automne.
La Bible est au centre de la tradition qui a permis à l’Arménie, à son peuple, à sa culture et à son État, de surmonter tourments et persécutions pour maintenir, au fil des âges, une extraordinaire pérennité. “Lorsque je prends en considération le rôle de la Bible dans l’Église arménienne et dans la vie du peuple arménien, a écrit le catholicos Karékine Ier, je pense au rôle joué par le sang lorsqu’il circule dans le corps humain.”*
Cela commence au Ve siècle, avec la création d’un alphabet précisément destiné à permettre une traduction écrite de la Bible, afin que les croyants arméniens puissent mieux prier dans leur propre langue. Bientôt, clercs et théologiens veulent aussi disposer des commentaires des Écritures, ceux des pères de l’Église en particulier. Certains de ces textes ne nous sont parvenus que dans leur version arménienne, transmise de génération en génération. Très tôt, l’Arménie est ainsi devenue une sorte de conservatoire de la Bible. Ensuite, sa spécificité s’est manifestée par le développement d’une Église apostolique autonome, distincte de Byzance et de Rome, et dotée d’une christologie originale. L’Église arménienne possède sa propre liturgie, très riche, dont le déroulement est un rappel permanent du patrimoine chrétien de la Terre sainte. D’ailleurs, dans la vieille ville de Jérusalem, un quartier arménien assure depuis quinze siècles une présence qui constitue un étonnant témoignage de stabilité et de tolérance parmi les turbulences de la région.
La permanence de la tradition biblique dans la foi et la culture arméniennes, dont attestent aussi les magnifiques manuscrits a fait que les Arméniens se sont peu à peu considérés comme un peuple de la Bible. Nous vous invitons à découvrir cette histoire.La Bible est bien le monde de l’Arménie. * Karékine Ier, À la recherche de la spiritualité. Le défi du renouveau, Paris, 1997.

PRESENTATION

  • Pâques dans le plus vieil État chrétien
    par Nicole Jeanson
  • Survol de l’histoire de l’Arménie
    par Gérard Dédéyan

LECTURE ARMENIENNE DE LA BIBLE

  • La traduction arménienne de la Bible
    par Jean-Pierre Mahé
  • Un conservatoire de l’exégèse ancienne
    par Folker Siegert
  • Les Arméniens et la liturgie de Jérusalem
    par Charles Renoux
  • Christologie de l’Église d’Arménie
    par Igor Dorfmann-Lazarev
  • Les Églises arméniennes

LES MANUSCRITS ARMENIENS

  • Manuscrits bibliques
    par Ioanna Rapti
  • Colophons arméniens: un dialogue entre les siècles
    par Jean-Pierre Mahé

UNE GEOGRAPHIE DE LA BIBLE

  • Présence arménienne en Terre sainte
    par Igor Dorfmann-Lazarev
  • Aux sources d’une histoire nationale
    par Jean-Pierre Mahé